Chères TOUTES, Chers TOUS,

Chères TOUTES, chers TOUS, 19/04/2020

Vous avez cassé la baraque, ma baraque, avec vos voeux en tous genres et tous styles confondus, du simple mot, au vers de poésie, en passant par la dérive philosophique…
Il y en eût tellement, que je n’ai répondu que par le petit coeur, même si d’habitude je réponds à chacun personnellement, serait-ce par un petit mot.
C’est un trait de caractère certainement, j’ai tendance à toujours personnaliser les relations et les rapports. L’autre n’est pas un(e) parmi les autres, il est lui(elle), en ce qu’elle ou il a de singulier, de particulier, et j’ose le mot de Amin Maalouf, de potentiellement irremplaçable.
Et je sais exactement le type de lien que j’ai avec chacune et chacun de vous, et à quel moment, peut-être aussi dans quelles conditions, le rapport s’est noué.
Je ne BADINE PAS AVEC L’AMITIE, je ne sais pas faire semblant dans ce domaine, même si j’avoue ne pas exceller dans la flatterie et l’éloge. L’éloge je la réserve à des attitudes, des comportements; rappelez-vous celle de l’impertinence, de la désinvolture, de l’imprévu…
Avec les humains, je suis plutôt dans la suggestion (un de mes mots préférés de la langue française), cette disposition de l’esprit qui fait que l’autre ressent , devine ce qu’on éprouve pour lui, ce qui peut nous unir avant de nous réunir, ce qu’on peut envisager avec lui…C’est là précisément que se niche la merveille.
C’est aussi, une certaine forme de timidité, j’entends les amis qui me connaissent bien s’étrangler avec un large sourire; eh oui, le sourire s’entend.
J’en suis convaincu, chacun est timide à sa façon.
Mais revenons à l’amitié! Dans le billet d’hier j’ai fait référence à Brassens concernant sa conception de l’amour et de l’amitié.
Aujourd’hui, je m’intéresse au sort réservé au mot  » amitié  » par Bernard Pivot, une approche très singulière qu’on peut ne pas partager. Je la trouve succulente, car pleine de vérité.
 » Je suis resté fidèle à mes amis d’enfance…
L’infidélité en amitié est inexcusable. Alors qu’en amour…la chair est faible. Il n’y a pas de chair en amitié, il y a surtout des atomes crochus, des neurones, des gestes, des sourires, des rires, du verbe, des élans du coeur.
La table est à l’amitié ce que le lit est à l’amour. Waouh!
Du coup, je vais essayer de jouer mon Bernard Pivot, je prends le risque : de tous les voeux ressort l’idée forte d’un besoin de délire, et cela m’ a enchanté. Alors qu’au début ce mot tintait aux oreilles des lecteurs comme péjoratif, mal à propos, voire carrément non indiqué pour s’exprimer sur des choses et d’autres.
Petit à petit, les gens se le sont appropriés, ils ne sont plus choqués, ils osent, ils le revendiquent, ils en redemandent… et moi dans mon coin, je jubile.
Et pour cause. Les gens ont compris la polysémie de ce mot, de la conception la plus négative : hallucination, agitation stérile, déraison, irrationalité…, à une conception plus philosophique où il est question de dépassement de soi, de passion exaltée, d’enthousiasme affirmé, d’intuition invraisemblable, de divagation rêveuse…
Allez pour terminer, je ne vais pas me renier, je termine ce petit billet qui à l’origine devait tenir en deux ou trois lignes pour vous remercier de votre douce attention, mais qui s’est allongé, car chemin faisant, j’ai été détourné de l’intention initiale, et c’est là l’expression la plus aboutie, la plus migonne du délire : on part sur une chose, un idée, et on se retrouve dans un voyage dont on ne sait rien sur la fin.
Je disais donc, je termine par cette pensée majestueuse de Voltaire sur l’amitié.
« Comptez que dans ma philosophie l’amitié tient toujours un grand chapitre. Je le regarde comme le baume qui guérit toutes les blessures que la fortune et la nature font continuellement aux hommes ».

par Khaled Slougui

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