Histoire iconoclaste

HUMEURS DU JOUR

HISTOIRE ICONOCLASTE

Le retour vers la ville de Tartarin, ce personnage à part, haut en couleurs et en faits d’armes qui nous raconte ses exploits m’inspire toujours.
En effet, chasser le lion en Algérie, est une histoire qui n’est pas racontée tous les jours, surtout quand c’est la plume d’Alphonse Daudet qui la sécrète.
Du coup, cela m’a donné envie de raconter des histoires, mes histoires, avant de prendre la route. Mes histoires ne s’embarrassent pas du sacré, qui, le plus souvent est la création, plus des hommes que des dieux. En voici une.
On embarque je ne sais pas vers où : qui m’aime me suive.

Pour donner le ton, je fais appel à une histoire personnelle. Un jour, lors d’un repas de famille, où il y avait à manger et à boire plus que de raison, je me suis retrouvé en train de parler de Dieu.
C’était au stade de l’apéritif; moi comme les femmes, et elles ont raison, je préfère les préliminaires. Pendant, on est dans un exercice plus ou moins convenu; après, la digestion n’est pas toujours aisée; mais avant, c’est le fast de l’imagination et du rêve, surtout quand Bacchus vous gratifie d’une boisson miraculeuse
Ce jour-là, on était sur le ti-punch, punch est un mot d’origine arabe (boundj) usité quand il s’agit de signifier l’anesthésie.
En fait, c’est tellement fort que cela sert d’anesthésiant.
Ce breuvage était conçu à base de thé, d’épices et d’alcool (mot arabe aussi « el kouhoul »).
Je vous laisse deviner l’effet.
Après quelques verres, je me suis laissé emporté par une sorte de tentation, pas facile à expliquer : j’ai commencé à délirer sur Dieu. Un Dieu qui m’appartient en propre, qui me parle et à qui je réponds; un type de controverse s’instaure ainsi entre nous, où l’exercice de l’esprit et les droits de la raison l’emportent sur toute autre considération.
Mon beau frère qui est antillais et qui m’a initié au ti-punch, m’interpelle, à l’issue d’un développement, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a rien à voir avec celui, plat, fade et sans odeur , ni saveur des imams et prédicateurs.Je ne parle pas de l’islamologue de génie dont la tête est mise à pris pour avoir tout simplement dit une vérité : « le ramadan est un choix et non une obligation ».
– Khaled, ton bon Dieu est très sympa, je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un qui puisse le refuser; tu ne pas me le présenter, s’il te plaît?
– Quand tu veux, on organise un festin comme celui de ce jour, et je te le présente.
Mais tu t’occupes de la boisson.
Tout le monde descend, la montre tourne, je dois retrouver Tartarin de Tarascon vous dis-je.
Au prochain voyage, et dans le sillage de cet islamologue de génie qui me réconcilie avec l’islam comme culture et civilisation, les obligations canoniques sont une affaire privée, je vous raconterai pourquoi le vin n’est pas un interdit en islam.

En attendant, je vous convie à méditer ces mots de Omar Khayyam qui, s’adressant à Dieu (je ne suis pas le premier), l’interroge en substance : « mon Dieu, si tu punis le mal que j’ai fait par le mal, en quoi es-tu différent de moi? »

Une bonne journée, calme et apaisante pour parler à Dieu à votre guise. Ou à l’homme, je ne suis pas raciste.

Au prochain délire.

par Khaled Slougui

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