Histoires pour passer le temps

HISTOIRES POUR PASSER LE TEMPS 17/04/2020

C’est clair que le déconfinement est loin d’être une certitude; entre-temps, il faut bien vivre, fût-ce par devoir.
Il y a donc besoin de passer le temps; pour ma part, je vous propose mes délires, c’est peu de choses…Mais l’intention y est.
Aujourd’hui, je vous livre en vrac des fragments d’histoires, sans lien, sans ordre, sans hiérarchie…
Voici donc :

HISTOIRES POUR PASSER LE TEMPS

1 – Moi et moi…
D’abord un rappel susceptible d’éclairer sur mon positionnement et mon caractère : « Je suis de la mauvaise herbe, braves gens, braves gens! C’est pas moi qu’on rumine et c’est pas qu’on met en gerbe » (Brassens).
C’est clair, je vais faire chier les ténébreux de l’islam, et leurs soutiens, toutes obédiences confondues; les intellectuels semi-habiles; les néo-orientalistes en mal d’inspiration; les »en-même temps » du pouvoir; l’extrême droite qui à force de rejeter l’altérité va finir par perdre son âme en s’autoconfinant; les indigénistes qui ne savent plus qui ils sont entre leur lutte décoloniale soixante après les indépendances, leur statut d’indigénes revendiqué, leur obsession de la « blanchité » qui n’existe que dans leurs fantasmes et le complexe de persécution dont ils finiront bien par mourir un jour; bien sûr la bigoterie crasseuse qui a vendu, tel le Docteur Faust, son âme au diable; et tutti quanti…
Et moi dans mon coin, je ronge mon frein en voyant venir la fin que le « corona merdus » transporte.

2 – Histoire de grandeur
Beaucoup d’écrivains sont connus pour leur goût du luxe et de l’aisance matérielle, ce qui ne remet pas forcément en cause leur talent, les flambeurs sont connus dans ce milieu de Dostoievski à Hemingway… Ce n’est pas du tout le cas de Naguib Mahfouz, un géant de la littérature mondiale qui a toujours vécu simplement et qui est resté presque toute sa vie dans sa ville natale du Caire, dont les gens, la ruelle, le bureau et les cafés l’inspiraient. Il a même refusé de se rendre à Stockholm pour l’obtention de son prix Nobel en 1988.
Mais, l’histoire, c’est que, suite à une maladie assez sérieuse, il a été hospitalisé à Londres malgré lui. Le hic, c’est qu’il ne voulait pas s’alimenter, ce qui provoqua une crise parmi le corps diplomatique, et l’on disputa longuement sur la meilleure façon de nourrir quelqu’un à Londres, faisant fi du prix. Sur l’insistance de tous, il fallait qu’il dise ce qu’il désirait manger, ayant refusé tout ce qu’u’on lui a proposé, sa réponse a été « foul médemmès » le plat des pauvres en Egypte. Grandeur et authenticité.

3- Histoire de cécité
La CECITE n’est pas qu’un handicap, elle peut être aussi un avantage. La preuve? Suivez-moi!
Le doyen des lettres arabes, un certain Taha Hussein, auteur du fameux livre « Le livre des jours », est un homme politique aussi, et quel homme politique? Il fut ministre de l’éducation sous la présidence de Nasser, en Egypte.
Lors d’un meeting qu’il tenait, il a été sifflé et hué par les contre bandiers de l’islam, les islamistes , au prétexte qu’il était aveugle. Il leur a répondu avec un lyrisme dont il a seul le secret :  » Dieu m’a fait aveugle pour que je ne voie pas vos visages hideux », nous dirions vos « sales têtes ». Quelle chance! Pour ne rien vous cacher, Il m’arrive de vouloir me crever les yeux pour ne pas les voir.

4 – Histoire de « PIVOT et la désinvolture »:
« Quand elle est laisser-aller, irresponsabilité, la désinvolture est à ranger parmi les défauts. Mais c’est une qualité lorsqu’elle se manifeste par une légèreté souriante, une façon habile d’éviter les tracas de l’existence, une liberté un peu insolente.
A travers certains de leurs films, Cary Grant, Georges Clooney, le jeune Jean Claude Brialy, Vittorio Gassman dans le « fanfaron », de Dino Risi, représentent bien cette race d’hommes élégants, décontractés, enjôleurs, auxquels on ne tient pas rigueur de leur sens de l’esquive, de leur insouciance, de leur spirituelle irrévérence, de leur égoïsme travesti en surcroît de séduction. La désinvolture devient alors du grand art, comme chez Denis Grozdanovitch ( Petit traité de désinvolture ).
J’aurais aimé écrire un roman qui se serait intitulé  » La vie désinvolte « . C’eût été le portrait de l’homme que je ne suis pas et que j’aurais rêvé d’être ».
A vos claviers pour ceux que ça intéresse!
Donc après l’éloge de l’impertinence, éloge de la désinvoltutre : « sont des mots qui vont très bien ensemble ».

5 – Histoire d’Ibn Arabi
la religion de l’amour,

Mon coeur est devenu capable d’accueillir toute forme.

Il est pâturage pour gazelles et abbaye pour moines !

Il est temple pour idoles et la Ka’ba pour qui en fait le tour.

Il est les tables de la Torah et les feuillets du Coran !

La religion que je professe est celle de l’amour.

Partout où ses montures se tournent,

l’Amour est ma religion et ma foi !

par Khaled Slougui

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