Les incohérences du pouvoir

HUMEUR DU JOUR

LES INCOHERENCES DU POUVOIR

Une amie qui a découvert mes chroniques, il y a quelque temps, m’a interpellé sur mon silence de cette semaine : pas de billet, hormis quelques partages.
« J’ai pris l’habitude de voyager avec toi », me dit-elle, et puis de lire ton délire de la journée me met dans de bonnes prédispositions pour affronter le quotidien.
Je lui ai expliqué que j’ai été pas mal occupé entre mes formations et le tournoi de tennis que je suis assidûment. je n’ai jamais pris un raquette à la main, mais j’adore regarder jouer. Le jeu de Federer par exemple, au-delà de la performance sportive, c’est de la poésie.
J’ai fait part aussi d’un coup de blues, une sorte de fatigue morale, à laquelle les incohérences du pouvoir ne sont pas étrangères.
L’HUMEUR d’aujourd’hui se propose de lever le voile sur quelques unes; On embarque pour un voyage hexagonal.

PRIMO : Depuis ma chronique relative au machisme d’Etat, après le démarrage de la coupe du monde qui met à l’honneur les bleuettes, le pouvoir a récidivé avec le tennis féminin.
En effet, pour la demi-finale, les joueuses ont été privées du cour central, car réservé à celle opposant deux mâles. Amélie Mauresmo, ancienne joueuse de tennis a réagi sur un ton méprisant : c’est une honte! C’est dit.
En même temps, l’on a appris que ces valeureuses joueuses, même si elles gagnaient vaillamment la coupe du monde, ne toucheraient que le dixième de la prime attribuée aux garçons qui viennent d’être décorés de la légion d’honneur.
Justement, à ce sujet, une femme a dernièrement dénoncé dans un post les machos, non sans insister sur le fait que les « hommes féministes », c’est pire.
J’ai trouvé débile cette réflexion, cela me donne envie de lui rétorquer :  » Madame, le féminisme ce n’est pas une façon de s’habiller, de parler, une mode qu’on enfourche au gré de son humeur et en fonction du rapport qu’on a avec l’autre sexe ici et maintenant ».
C’est un invariant, c’est un principe d’égalité et de justice qui transcende tous les critères que l’on puisse s’inventer ».
Je suis féministe, je persiste et signe, car je n’oublie pas que la femme c’est d’abord :
Ma mere, mon épouse et ma fille
C’est mon amie et ma cousine
C’est ma voisine et ma copine…
J’ai horreur du masculin pluriel.

SECUNDO : Je n’ai jamais eu quelque penchant pour les célébrations, où que ce soit, en Algérie, comme en France. Disons que je reste fidèle à mon pote Brassens et que « le jour du 14 juillet, je reste dans mon lit douillet »; même si jeune, il m’est arrivé de danser au bal de ce jour, l’ambiance y est très festive, et il ne me faut pas plus pour faire la fête, surtout que les verres de plénitude sont de la partie.
On nous a gonflés avec le D-Day, presque toute la semaine.
Je me situe à l’exact opposé du discours servi par les médias, tous types confondus.
Ce n’est un secret pour personne, Macron n’est pas du tout ma tasse de thé, mais alors Trump, c’est quelqu’un dont la simple vue m’insupporte; au point de me faire oublier tout ce que j’adore dans ce pays, bien qu’il soit tard venu à la civilisation; d’où sa méprise sur le monde, mais aussi son incompréhension sur lui-même.
Aux manifestations, manquait un invité « Vladimir poutine », cette absence a été relevée par tous les observateurs. De la part du Président, plus qu’une simple incohérence, c’est une erreur impardonnable sur le plan diplomatique, c’est une inconséquence géostratégique, c’est une gaffe historique, c’est une faute politique et c’est une inconsistance intellectuelle.
Il ne sert à rien de dénaturer l’histoire, sans l’intervention de l’URSS payée au prix fort, on parle de plus de 20 millions de morts, le nazisme n’aurait jamais été vaincue.
L’histoire et la géographie nous enseignent qu’il y a plus de proximité, plus d’intérêt avec la Russie qu’avec les USA, l’Europe de l’atlantique à l’Oural disaient les pionniers de l’idée européenne.
Dans cet ensemble, la Russie doit avoir un rôle fondamental, et c’est l’intérêt de continent. Les USA ne sont intéressés que par leur leadership, d’où leur volonté de démonter la construction européenne.

TERTIO : En Macronie, on veut faire d’une défaite aux élections européennes, d’un puissant désaveu du président et son gouvernement par le peuple, l’occasion pour aller de l’avant dans la mise en place de la deuxième phase du pacte noué avec les français lors de l’élection présidentielle. Aucune leçon n’est tirée.
Je crois bien que Jupiter s’est trompé d’époque, Il se croit toujours en campagne, oubliant qu’il est président depuis bientôt deux ans.
Il veut rejouer éternellement l’opposition binaire, mais le risque c’est que la prochaine fois les gens prennent leurs responsabilités et votent sans tenir compte d’un éventuel danger qui viendrait du RN au pouvoir.
La tambouille politique à laquelle nous assistons dans et entre les partis ne laisse pas présager des jours heureux.
Oui! Il faut refonder la république, en dépassant le carcan des partis politiques. Il n’y a pas d’alternative.

QUATRO : Il y a du rififi dans l’Islam institutionnel. On le savait divisé depuis toujours et c’est une bonne chose car l’enjeu est plus bassement mercantile que théologique. A part que là c’est l’Etat qui s’en mêle pour imposer son choix, c’est a dire l’AMIF présidée par Oubrou qui veut être le mufti de la république, aussi grotesque que cela puisse paraître. Jupiter a besoin d’allégeance, non d’indépendance, fut-ce au mépris de la laicité et du principe de séparation.
Lui préfère la ruse et le calcul, là où il eùt fallu de la volonté politique.
Chez les islamistes, cette conjoncture est propice à l’agitation furieuse, cela explique que la question du voile pour les mamans accompagnant les sorties scolaires, et celle du burkini dans les piscines publiques soient exhumées. Aucune decision n’est fortuite chez eux, ils sont tous dévorés par l’ambition, et la conviction ne les étouffe pas.
Qui ignore les luttes intestines qu’il y a au sein des « musulmans » et des mille et une associations qui ont toutes pour ambition un monopole de la religion. Laissons l’Islam à la sphère privée, il y trouverait accomplissement et quiétude, ai-je dit dans une tribune.
Je reviendrai sur ce sujet qui mérite de plus amples développements ultérieurement.

Tout le monde descend , la ballade est finie.

Enfin, Michel Serres nous a quittés et avec lui une certaine façon de philosopher.
Je vous convie à méditer sa supplique :  » La mer, la haute montagne et le désert me fascinent, parce que ce sont des lieux où l’on ne peut habiter. C’est la planète sans les hommes. J’aimerais habiter l’inhabitable ».

Une bonne journée!

par Khaled Slougui

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