Les mosquées inclusives

HUMEUR DU JOUR :

LES MOSQUEES INCLUSIVES

Primo : Cette information concernant les mosquées inclusives, je la prends très au sérieux, mieux encore, j’en fais un argument décisif du combat contre l’islam politique. Dans mes formations et mes conférences, j’ai toujours essayé de faire prévaloir l’idée selon laquelle il serait pertinent d’emprunter les mêmes canaux que les discours que l’on se propose de dénoncer, le discours islamiste en l’occurrence. Les savants et imams les plus en vue, les plus influents aussi (mouvance UOIF, CCIF…etc.), affirment avec un aplomb peu commun que personne n’a de monopole sur les valeurs républicaines, et ils se les approprient en y accolant la référence islamique. C’est de là que vient l’accusation d’arrogance de l’occident qui prétendrait qu’il n’y aurait qu’une seule forme de laïcité, de liberté, de féminisme…etc.
Je retourne l’argument en disant que personne n’a de monopole sur la parole sacrée que des lettrés abécédaires et des semi-incultes ont définitivement confisquée, au profit d’une démarche politique, et d’intérêts bassement mercantiles. C’est ce monopole qu’il s’agit de briser, c’est la guerre des interprétations qu’il faut mener, c’est la simplicité de l’islam des origines qu’il faut retrouver, en introduisant de la « concurrence cognitive » pour parler comme Gérald Bronner.
Que l’on ne se méprenne pas sur mon intention, il ne s’agit pas de proposer une autre théologie, mais simplement de réaffirmer le principe « d’une lecture rationaliste du Coran » (J. BERQUE); de « transgresser, déplacer et dépasser » (M. ARKOUN) la rhétorique islamiste qui s’inscrit dans une vision passéiste des choses, devenue, à tous égards, désuète, éculée, caduque, et pour tout dire anachronique; de réhabiliter le réflexe laïque en vivant l’autonomie du politique vis-à-vis du religieux.
C’est ce que souhaite A. MEDDEB en suggérant de « retrouver la fonction symbolique du Coran, en rendant le sens à son obscurité, c’est -à-dire en renvoyant le Texte à son infini, ce qui ferait de son interprétation une tâche perpétuelle, jamais achevée, toujours recommencée, loin des vérités et des évidences fallacieuses qui fanatisent les foules ».
L’initiative des mosquées inclusives s’inscrit parfaitement dans ce dessein, c’est un des jalons qui s’imposent, malgré tout, dans la longue et difficile entreprise de ce qu’on appelle la réforme de l’islam. Celle-ci ne saurait découler d’une trituration des textes comme le proposent des journalistes et intellectuels carrément « hors jeu » à ce sujet; d’ailleurs cela ne s’est pas fait dans les autres religions. Elle ne peut être que le fruit des luttes menées sur le terrain au quotidien pour la désacralisation de la Religion, des progrès qui s’accumulent et de l’histoire qui se fait, de la réhabilitation du temporel, et de la promotion de l’Homme à une dignité jamais égalée.
Ce n’est pas la réforme de l’Islam qui amènera le progrès social; c’est le progrès sociétal qui créera les conditions d’une émancipation de l’islam. Secundo : Marcel Mouloudji est un chanteur que j’adore; ce matin en me levant et après le café bien sûr, j’ai écouté ses belles chansons. Il n’est certes pas aussi connu que Brel, Brassens ou Ferré, Même s’il est de la même veine et de la même classe; mais il a quelque chose de particulier. Je viens de partager sur FB « mon pote le gitan ».
Il a une chanson qui a été beaucoup reprise « La tendresse » (On peut vivre sans richesse, , presque sans le sous, des seignurs et des princesses, il n’yen a pas beaucoup; mais vivre sans tendresse, il n’en est pas question. Non, Non, Non,Non! Il n’en est pas question). 

par Khaled Slougui

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