Ma réponse aux islamistes à propos des piscines.

HUMEUR DU JOUR

MA REPONSE AUX ISLAMISTES SUR LES PISCINES

Hier j’étais dans un état d’esprit tout à fait autre que celui qui m’anime habituellement, le combat pour la laïcité et contre l’intégrisme religieux.
J’étais avec mon pote Mouloudji à qui j’écrivais une missive, je passais un moment très agréable, un moment de pur bonheur.
Mes amis ont apprécié et cela m’a comblé.
L’après-midi, je suis tombé sur un post d’une amie qui rapportait la réaction du sieur IQUIOUSSEN, prédicateur très en vue de la nébuleuse islamiste, à propos des piscines.
Comme il a le don de m’agacer, mon sang n’a fait qu’un tour à la lecture de son analyse, et j’ai réagi momentanément en promettant de lui répondre.
Cette HUMEUR n’a pas d’autre but.

PRIMO : Dans une chronique passée, j’ai pointé l’islamisme comme vecteur d’une perversion de l’éthique.
En effet, ce qu’il y a d’insupportable, voire d’odieux, dans le Religieux (la majuscule n’est pas fortuite), c’est sa prétention matinée d’arrogance à détenir le monopole de la morale et de l’éthique, de la spiritualité… Prendre en otages les hommes et les textes, dire le bien et le mal, autorise tous les dépassements, toutes les perversions.
Il en est des salafistes qui veulent confisquer à leur profit tout le sens de l’islam, s’en faire les interprètes, et imposer à tous la dictature de leur interprétation. Dès les débuts, cette minorité imbue de sa vérité, s’est caractérisée par un style de croyance et d’action fondé sur l’excommunication de tout autre qu’elle, et n’ayant que l’anathème et l’imprécation dans la bouche de ses prédicateurs.
Aujourd’hui, leur imposture qui ne trompe personne enfourche la sémantique républicaine, en quête de reconnaissance et de fréquentabilité, une façon comme une autre de brouiller les pistes, en nageant en eau trouble.

SECUNDO : Ce ténébreux de chez les ténébreux qui a toujours abusé du double discours, propose de mettre la religion de côté, alors qu’il y est à fond, et ose nous parler de philosophie et d’éthique :  » j’ai été élevé comme ça, je suis quelqu’un de pudique, et mon éducation m’impose des restrictions ». D’où son opposition à toute mixité, et sa revendication pour des heures pour les femmes et des heures pour les hommes dans les piscines.
Ce qu’il y a de dangereux chez le personnage, c’est de vouloir transposer ses phobies, ses obsessions, ses peurs…sur l’ensemble des musulmans, alors que leur nébuleuse est un quantité négligeable au sein de l’ensemble.
Mon éducation est toute autre, j’ai toujours évolué dans un environnement mixte, j’ai fait de la natation avec des filles musulmanes, nous allions à la plage en famille, nous n’étions pas habités par le diable.
Je tiens à aller à la piscine avec ma femme, mon fils et ma fille, parce qu’on s’amuse comme des fous.
Je ne souhaite pas que cet endroit prévu pour la détente se transforme en champ de confrontation avec des femmes manipulées qui n’ont qu’un souci : créer des problèmes au nom de particularismes religieux qui n’ont pas leur place dans l’espace public, en outrepassant le règlement, y compris par la force.

TERTIO : Avant l’islamisme, les choses étaient claires : il y avait ceux qui pratiquaient, chacun à sa façon puisqu’il n’y avait pas de modèle, ni de rituel collectif ; et les autres, dans leur diversité.
Et ces problèmes nouveaux auxquels est confronté l’Etat (voile, burkini, cantines, hôpital…) étaient inconnus, malgré une population musulmane importante. La société n’était pas encore contaminée par une nouvelle pathologie : le cancer islamiste.
Ceux qui pêchaient, qui faisaient dans le haram « illicite » ne se mêlaient pas de religion, ils étaient pudiques à ce sujet, je parle ici de la vraie pudeur qui consiste à ne pas impliquer les autres, la société dans ses choix de vie privée
Ils respectaient de fait une certaine réserve et assumaient leur choix comme le voulaient des traditions ancestrales, de bienséance, de civilité et de tolérance, de respect de soi, allais-je ajouter.
A contrario, aujourd’hui, on découvre Dieu en prison et l’on pratique prostitution et proxénétisme sous couvert de mariage « hallal » ; aussi, le vol devient un butin de guerre en référant de manière inopportune au temps du prophète, enfreignant ainsi toute éthique, toute morale.
Ces pratiques ne sont nullement l’expression de la croyance et de la foi, elles s’apparentent à une stratégie de dissimulation et de contournement clairement posée dans une ambition et une volonté de pouvoir.
En disant : « la piscine, vous savez, c’est une décision politique », ce doctrinaire affirme la nature politique et idéologique de leur mouvement.

QUATRO : On ne peut pas passer sous silence, voir occulter leur doctrine, surtout quand ils la maquillent de réthorique républicaine, et qu’ils essaient de séparer les différentes revendications qu’ils portent.
En réalité, toute leur agitation furieuses des derniers mois (voile pour les sorties scolaires, piscines, lieux de prières…) s’inscrit dans une unité, une logique : éprouver la république en portant tous leurs coups sur la laïcité et les laïcs qui constituent le dernier rempart à la concrétisation de leur funeste dessein.
Dessillons-nous les yeux, et remontons à la doctrine.
Une doctrine qui se fonde sur l’islam comme « englobant », c’est-à-dire qu’il est tout à la fois Religion et Etat, et même Monde (en arabe : Din, Dawla, Dounia), si on pense aux trois « D » de M. Arkoun.
Cela se trouve bien résumé dans la fameuse formule de Hassan El Banna, fondateur du mouvement des frères musulmans qui est à la base du discours de toutes les mouvances islamistes : « L’islam est dogme et culte, patrie et nationalité, religion et Etat, spiritualité et action, parole révélée et sabre ».

Conclusion : Depuis les deux arrêts du 14 mars 2017 de la CUEJ (Cour de l’Union Européenne de Justice ), il est possible de briser la stratégie d’entrisme islamiste dans tous les domaines. Le droit d’interdiction des signes religieux exige la réunion de deux conditions simples : un règlement intérieur qui bannit ces signes, et une activité légitimant la neutralité vis-à-vis des clients ou des usagers.
Par ailleurs, il faut rappeler que derrière la revendication de IQUIOUSSEN, il y a du sexisme, il y a l’obsession de la femme, cet être maléfique par lequel tous les maux peuvent arriver.
Il avait déclaré en particulier  » on ne va pas remplacer le tuteur naturel de la femme ( père, mari, frère, …) par un nouveau tuteur , l’employeur. Comprenez que la femme doit rester à la maison pour s’occuper du mari et des enfants. Et il ajoute : je comprends la colère du mari qui rentre chez lui et ne trouve rien à manger. Un tube digestif.

C’est ça l’éthique? C’est ça la morale?

– C’est voiler une gamine de six ans pour l’habituer à maîtriser son corps, comme le suggère son ami Bajarfil?
– C’est respecter la cérémonie d’allégeance très particulière des frères musulmans : le jeune candidat avait la main droite posée sur le Coran, et la main gauche sur le pistolet?
– c’est monter un réseau de proxénétisme entre le Maroc et la ville d’Orange pour lequel le président de la mosquée a été écroué?
– C’est ce qu’affirme ce prof du lycée Averroes : les principes de démocratie, de modernité, de laïcité ne constituent pas des horizons indépassables?…
Et si l’on restait sur la disposition de la constitution qui stipule : « la loi garantit à la femme dans tous les domaines les mêmes droits que ceux de l’homme ».
Pour leur malheur, le Coran est compatible avec cette disposition « Et les femmes ont des droits sur les hommes semblables à ceux que les hommes ont sur elles » (2, 2228).

Ne rien céder, ne rien lâcher, ne rien négocier, La paix des âmes est une affaire privée, l’Etat n’a pas à s’en soucier.
En même temps, il ne peut pas accorder des privilèges au religieux eu égard au principe d’égalité qui est consubstantiel à celui de laïcité.
En complément à cette chronique je recommande deux de mes tribunes passées  » Le voile qui dévoile », et « la révolte du bikini en Algérie, le glas a sonné pour les islamistes ».

Un bon dimanche!

par Khaled Slougui

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