Mes potes les gilets jaunes, des gars curieux

HUMEUR DU JOUR

MES POTES LES GILETS JAUNES, DES GARS CURIEUX

Je ne suis pas un « GJ », mais les animateurs de ce mouvement dénaturé à dessein sont mes potes, et je les soutiens contre vents et marées. Parce qu’ils donnent de l’espoir, parce qu’ils ont osé, parce qu’ils l’ont fait, parce qu’ils ont dénoncé la nécrose du système, parce qu’ils ont dit : Basta!
Et ce qui fait leur charme, pour paraphraser mon pote Mouloudji, c’est qu’à l’instar de son pote « le Gitan », ce sont des gars curieux, ne serait-ce que parce qu’ils sont porteurs de nouveauté, nouveauté à laquelle répugnent « ces gens-là », ceux de l’établissement, les courtisans, et tous ceux qui sont rétifs au changement, ceux qui croupissent dans la fange sans même s’en apercevoir.
Mon HUMEUR d’aujourd’hui leur est dédiée; je n’ai ni pouvoir, ni moyens pour pouvoir les aider, à part griffonner quelques lignes pour en parler autrement. En voici un florilège qui exprime mes prises de position dès le début.
Voila un mouvement qui au départ était animé par des revendications très claires, qui n’ont rien de catégoriel, et qui s’inscrivaient dans une démarche pacifique; en outre, il posait de vrais problèmes exprimant, à tout le moins, un vrai malaise dans le pays.
A quelque chose malheur est bon, dit l’adage. Je suis convaincu qu’un jour nous aurons de la reconnaissance pour les gilets jaunes; cela n’empêche pas de pointer un manque d’expérience, des tentatives de récupération par des partis politiques et des syndicats groggy, des incohérences dans la stratégie, un manque de vision et d’horizon politique, une faiblesse de l’organisation…
Décrédibiliser le mouvement des gilets jaunes est une stratégie attendue de la part du pouvoir.Tous les moyens ont été mobilisés à ce dessein funeste, et cela ne grandit pas le pouvoir et ses caniches des medias.
Une position responsable consisterait à admettre que le système hérité des trente glorieuses est à bout de souffle, épuisé, devenu caduque même; d’où une vraie crise politique, économique et sociale. Les formes ont changé, les acteurs également, mais pas les revendications. La république a besoin d’une refondation.
La cinquième république a été fondée dans un contexte particulier, pour un géant pas pour des nains comme Duracel, Flanby et Jupiter.
Il y a besoin d’autre chose, il faut tourner la page et le pays de Voltaire est capable de se regénérer, et de s’adapter à la nouvelle donne.
Le mouvement pourrait disparaître, il renaîtra sans doute sous d’autres formes, d’autres appellations, une autre couleur, d’autres slogans, et pour cause? Le malaise est trop grand, le passif trop lourd, le problème trop crucial pour continuer à faire semblant. Il faut croire en la magie et aux miracles pour penser que la seule parole du president et de son gouvernement allait suffire a calmer la situation. Le problème est plus profond, il est structurel, il y faudrait une thérapie de cheval.
L’élection de Macron a été un coup de chance qui s’est greffé sur un coup de bluff (changer la façon de faire la politique, mettre en oeuvre le « en même temps »…). Il y a des limites à la baraka, elle ne peut constituer le substrat d’ une politique de remise en ordre d’un pays.
Il y a besoin d’audace, de responsabilité, de dialogue et de vérité, pas de répression.
La violence, on peut en parler, en ne s’arrêtant pas aux casseurs dont on peut légitimement douter de leur essence même et des fins inavouées par lesquelles ils se meuvent, qui sont en en contradiction flagrante avec l’aspiration à la paix de l’écrasante majorité des Gllets Jaunes et, au-delà, du peuple dans sa totalité.

Conclusion :
Luc Ferry, en appelant à l’utilisation des armes par la police pour se défendre, est l’incarnation de ce que Karl Marx appelait la « misère de la philosophie ».
Certains se rappellent peut-être de l’excellent film « les assassins de l’ordre », avec pour acteur principal Jacques Brel. Dans une séquence mémorable et tragique à la fois, complètement saoûl, il prononce ces paroles qui sont d’une actualité invraisemblable : « lorsque la police se substitue à la justice, il n’y a plus de civilisation ».
Voila un vrai sujet de débat, je n’ai rien à foutre du commentaire de la sortie débile de l’animateur (écrivain, journaliste, philosophe et tutti quanti…) qui est descendu, on ne peut plus bas, en vitupérant les femmes de 50 ans.
Mouloudji chantait :  » Tout fout le camp », il ne croyait pas si bien dire.

Une bonne journée!

A la prochaine? peut-être!

par Khaled Slougui

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