PEREGRINATIONS

PEREGRINATIONS 28/03/2020

Saloperie de virus faisant son oeuvre, je me retrouve comme beaucoup de citoyens en chômage partiel, même si ce n’est pas ça qui m’inquiète tant.
Habituellement, quand je ne travaille pas, j’essaie de « transformer l’handicap en atout », et c’est ce que je préconise à ceux qui peuvent vivre ce type de situation.
Je me reconvertis dans un surcroît d’activité physique (marche, natation…) et intellectuelle (fréquentation assidue de la bibliothèque municipale pour les livres et la musique…).
Le problème, c’est qu’ avec le confinement, tout cela devient impossible, et l’on risque autant la décrépitude intellectuelle, que la dégénérescence physique.
Hier, j’ai dit qu’il n’était pas question pour moi de subir ce diktat, mes délires ont la primauté sur tout. C’est « une forme de vie » aurait dit Amélie Nothomb; et puis si, au passage, ça peut faire plaisir à des compagnons de confinement où qu’ils soient, c’est tout bénéfice.
Aujourd’hui, je vais être en pérégrination dans tout ce que ma tête a retenu d’évènements, de faits, de notes d’humour, de marques de saturation…
Com dab, qui m’aime me suive, mais ne me demandez surtout pas où on va, je mentirais si je vous proposais autre choses que l’inconnu.
Voici donc :

1 – Dans un pays laïque, l’Etat n’a pas à consulter les autorités morales et religieuses pour décider de ce qu’il y a lieu de faire dans l’intérêt général. Il a à décider lucidement et à imposer sa décision. Sans un Etat fort , la France se défait, disait De Gaulle.

2 – Parler d’autorités morales et religieuses, c’est servir la soupe aux Religieux qui, de fait ont la prétention d’incarner la vertu et de monopoliser la morale. Or, en république, seul le citoyen est sujet de droit. Et l’Etat devrait s’en tenir à la morale républicaine.
L’éthique, la morale, ou la spiritualité existent en dehors de la religion; Pour moi, celles qui émergent des Lumières suffisent amplement.

3 – Un ami m’a envoyé l’image d’un attroupement devant la mosquée, qui a été dispersé à coups de bâtons par les forces de l’ordre. J’ai réagi illico presto : En fait, s’ils pouvaient crever sans nuire à la santé des autres, ce serait une très bonne chose, malheureusement…

4 – Un ténébreux de chez les ténébreux, d’imam, s’est opposé avec virulence à la fermeture des mosquées, tout en préconisant un surplus de prières, vu que la solution n’est pas dans la science. J’ai répondu : Il faut lui souhaiter de crever, il pourra aller au paradis plus tôt que prévu. C’est inespéré non?
Sa photo en soins intensifs, avec masque et tout ça, a été publiée sur les réseaux.
Deux possibilités :
– Il crève, et ce sera une crapule de moins sur terre.
– Il guérit, et il va dire que c’est grâce à la volonté de Dieu et non à la science.
Je crois sérieusement, qu’après le vaccin contre le corona, il faudra penser au vaccin contre la crédulité, d’autant que les pandémies risquent d’être récurrentes à l’avenir et avec elle le faux dilemme science VS religion.

5 – Mieux vaut en rire : Il était une fois un ministre démis de ses fonctions. Le lendemain, pour prendre sa voiture, il s’est mis derrière, mais voila que la voiture ne démarra pas. C’est là qu’il se rendit compte de la fin de ses privilèges.C’est ce qui se produit pour la pov’ Buzyn.

6 – Hier, mon frère Zoubir, qui a l’avantage de cumuler les statuts d’ami et de frère, en réaction au billet du jour, m’a prodigué un conseil : Profite de ce confinement forcé pour rassembler tes nombreuses chroniques et penser à la publication de ton deuxième livre.
Un autre ami s’est proposé pour faire ce travail d’assemblage, ce à quoi mon frère a répondu que lui aussi est partant pour cette opération.
Je crois qu’ils avaient lu dans mes pensées, vu que c’est ce projet que je suis en train de finaliser actuellement. Merci les amis!
Mais je dois quand même rappeler certaines choses, importantes de mon point de vue : elles ressortent clairement de ces bribes d’interview à mon éditeur :

Où puisez-vous votre inspiration ?

– Dans ce qui ne rentre pas dans le moule, ne fait pas partie d’un kit, fait diversion de par sa diversité même. Mais aussi dans l’affirmation de soi et la recherche de l’autre.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

– Je ne suis pas un écrivain. Je pourrais écrire selon l’humeur, je suis mon instinct.
Mais disons que ce qui me fait vibrer, c’est le rapport à l’Autre; donc la problématique du vivre ensemble m’intéresse en particulier.

Un dernier mot pour le lecteur ?

– La citoyenneté transcende toute appartenance, c’est cela aussi le réflexe laïc.

Conclusion : je pense que le lecteur retrouve largement le délire de quelqu’un qui ne se prend pas au sérieux, qui vit l’instant, car demain sera un autre jour.

par Khaled Slougui

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