Quand la mort sonne à la porte

HUMEUR DU JOUR

QUAND LA MORT SONNE A LA PORTE

Comme Paname, la mort a toujours été chantée sur tous les tons. L’on peut en rire, raconter à loisir des blagues, faire semblant même de l’oublier, ou tout simplement la banaliser, comme si on pouvait en être épargné, une façon comme une autre de la gérer.
Mais un jour, sans avertir, sans crier gare. Elle sonne à la porte, pour rappeler qu’elle est là, qu’elle nous nargue du haut de son piédestal, qu’ elle est imbattable, qu’elle est inévitable. Elle est souveraine en son royaume.
Aujourd’hui, je ne suis pas d’humeur à m’épancher sur mes humeurs; je veux juste informer mes amis que la mort a frappé notre association.
En effet, il y a deux jours, Véronique Roy, une amie de combat, m’a appelé pour m’informer que la fille de Sabine qui était en Syrie depuis quatre ans, est morte avec sa gamine de deux ans, dans l’explosion d’un bus, et cela depuis deux ans.
Comment l’annoncer? Véronique a tout de suite compris que je ne pouvais pas jouer le rôle de cet abbé porteur de ces fausses/mauvaises nouvelles. Comme à son habitude, elle s’est sacrifiée en se chargeant, elle qui a perdu son fils en Syrie, de l’horrible tâche.
J’ai chialé comme un gosse, je trouvais injuste qu’une fille à la fleur de l’âge, succombe de cette façon et connaisse cette destinée.
Je pense réunir l’association pour présenter nos condoléances à notre amie.
Je sens que cela sera triste comme la mort.

par Khaled Slougui

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