Souvenirs

SOUVENIRS 22/03/2020

Après la séquence d’émotion collective d’hier, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle fût spontanée et naturelle : pleurer n’a rien de répréhensible, c’est même un signe de bonne santé.
Je me propose aujourd’hui d’évoquer des souvenirs que j’avais abordés par le passé, voici donc :

1 – Il y a une douzaine d’années, avec des amis de toutes origines, j’ai fondé une association « Connexions interculturelles », en partant de l’idée que la citoyenneté s’accommode très bien d’appartenances culturelles différenciées. J’avais alors conçu une forme d’animation culturelle sous l’intitulé « Les RV de la diversité : cultures d’ailleurs, citoyens d’ici ». L’un de nos premiers invités ( en 2005) fut Salah Guemriche, pour nous présenter son dictionnaire des mots français d’origine arabe.
Faut-il rappeler qu’il a été préfacé par une académicienne « Assia Djebbar » de façon somptueuse? Je l’ai lu et relu, et depuis, il ne me quitte plus; j’ai tout simplement été subjugué par la densité de l’information livrée qui marie dans un style épuré, philosophie, littérature, histoire, sociologie…Le mot est resitué dans son contexte littéraire, devenant une occurrence dans tel texte de tel philosophe ou écrivain du 18è ou 19è siècle, il prend alors une signification et un sens qu’on ne lui connaissait pas.
C’est une vraie encyclopédie! Le temps passa, et nous nous sommes perdus de vue, même si de mon côté, je suivais régulièrement ses activités; j’étais heureux d’apprendre les bonnes nouvelles et très triste de savoir qu’il lui arrivait de passer des moments difficiles; cette situation, je la vivais comme une grande injustice.Nous avons repris contact via FB, depuis à peu près 6 mois. Une chaleureuse connivence a marqué notre relation, il a toujours réagi favorablement à mes posts, et je me suis tout le temps régalé à lire ses publications.
Naturellement, je suis devenu, peut-être, son meilleur agent commercial. Durant 10 ans, à chaque formation que je dispense, il y a eu la parenthèse sur le dictionnaire.
Et l’un de mes exercices favoris c’était de rappeler après un repas, que nous avons pris un PUNCH à l’apéro, nous avons mangé des AUBERGINES, des ARTICHAUTS, des EPINARDS, nous avons demandé une CARAFE d’eau et du vin (ALCOOL) et nous avons terminé par un CAFE que certains ont pris avec du SUCRE.
Je posais alors la question du lien qu’il pouvait y avoir entre ces différents mots. Si vous ne connaissez pas la réponse, le lien, c’est l’origine arabe du mot.
Conclusion : je partage totalement cette analyse sans concession des péripéties auxquelles est confronté l’écrivain qui se respecte et qui place sa liberté au-dessus de tout. Dans un message, je lui ai suggéré de ne pas changer, car c’est comme ça qu’on l’aime, en citant Verlaine « l’art mes petits, c’est d’être absolument soi-même ».

2 – « L’amour courtois, de l’Andalousie à la France médiévale ».

C’est le titre d’une conférence que j’ai donnée dans le cadre de la même animation culturelle.
En voici quelques bribes.
C’est au moyen âge (13è siècle) qu’est apparu l’amour courtois, comme mode de vie de certaines cours, dans l’Andalousie et la France médiévale.
Il est fondé sur une inversion des rapports entre les hommes et les femmes. Celles-ci se retrouvent suzeraines de leur amant.
Accéder à leur amour requérait sincérité, désintéressement, générosité, respect d’autrui, patience et constance.
Au départ, jeu amoureux de la noblesse, l’amour courtois devient un code de vie qui se démarque de la vie religieuse.
Dans le climat de bouillonnement culturel qui caractérisait l’époque, l’amour courtois a certainement influencé toutes les sphères de la vie.
Franchement! J’aurais voulu vivre à cette époque.

3 – Le Virus de merde qui nous empoisonne l’existence, en plus de nous foutre en l’air, il peut aussi destabiliser la famille. J’adore cette histoire rapportée par un ami, il se reconnaîtra.
 » C’EST LE TROISIÈME JOUR DE CONFINEMENT
MA FEMME M’A DIT D’ALLER FAIRE UN TOUR…
ELLE PAIERA L’AMENDE !!! », ce à quoi je lui ai répondu : « écoute-la ». A bon entendeur.

Un aphorisme pour la route : « Ils abattent les arbres, qui sont des versets écrits par la nature, et ils en font du papier pour y inscrire leur stupidité ».

par Khaled Slougui

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